{"id":1094,"date":"2012-04-10T15:58:04","date_gmt":"2012-04-10T13:58:04","guid":{"rendered":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1094"},"modified":"2014-09-03T09:27:59","modified_gmt":"2014-09-03T07:27:59","slug":"la-petite-lise-de-jean-gremillon-1928","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1094","title":{"rendered":"LA PETITE LISE de Jean Gr\u00e9millon (1928)"},"content":{"rendered":"<p>Le texte et l&#39;extrait vid&eacute;o ci-apr&egrave;s documentent l&#39;ouvrage de Philippe Langlois, <a href=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1004\"><em>Les cloches d&#39;Atlantis, musique &eacute;lectroacoustique et cin&eacute;ma arch&eacute;ologie et histoire d&#39;un art sonore,<\/em> <\/a>&eacute;ditions mf, Paris, 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" height=\"400\" src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/La petite Lise.jpg\" width=\"300\" \/><\/p>\n<p>D&egrave;s son premier film sonore, La petite Lise (1929), le soin accord&eacute; au placement du son se situe imm&eacute;diatement dans une tentative de fusion des diff&eacute;rents param&egrave;tres. Outre le proc&eacute;d&eacute; de partition r&eacute;trograde, qui est inaugur&eacute; avec la collaboration de Claude Roland-Manuel pour la premi&egrave;re fois au cin&eacute;ma, le film n&rsquo;en comporte pas moins un important travail sur les ambiances sonores. Par exemple, dans la s&eacute;quence presque anodine o&ugrave; Berthier p&eacute;n&egrave;tre dans une scierie afin de trouver un emploi, le traitement sonore g&eacute;n&eacute;ral rythme toute la sc&egrave;ne. Le crissement des scies &eacute;lectriques s&rsquo;organise alors, sur la base rythmique de rapides battements sourds et r&eacute;guliers et des voix qui s&rsquo;intercalent entre ces manifestations bruyantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"360\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/3An_BTNCGYw?rel=0\" width=\"480\"><\/iframe><\/p>\n<p>L&rsquo;apparition de la technique de la partition r&eacute;trograde, trois ans &agrave; peine apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;mergence du cin&eacute;ma sonore en 1929, s&rsquo;op&egrave;re lorsque Jean Gr&eacute;millon r&eacute;alise <em>La petite Lise<\/em> sur une partition sign&eacute;e Claude Roland-Manuel. L&rsquo;exemple de partition r&eacute;trograde intervient alors que Lise et son compagnon Andr&eacute; arrivent au domicile d&rsquo;un brocanteur juif afin de lui extorquer de l&rsquo;argent en pr&eacute;textant lui vendre une belle montre de famille. Le plan qu&rsquo;ils ont &eacute;chafaud&eacute;, pour parvenir &agrave; leurs fins, ne se d&eacute;roule pas comme pr&eacute;vu jusqu&rsquo;&agrave; verser dans le crime. Les premiers fragments de son r&eacute;trograd&eacute; correspondent avec le moment o&ugrave; Lise et Andr&eacute; empruntent les escaliers qui m&egrave;nent chez le brocanteur. <br \/>\n\t&laquo;&nbsp;Voulant camper un brocanteur oriental, Roland-Manuel, dans La petite Lise, s&rsquo;&eacute;tait content&eacute; de monter &agrave; rebours l&rsquo;appel traditionnel&nbsp;: &laquo;&nbsp;marchand d&rsquo;habit&nbsp;! &raquo;. Les syllabes fran&ccedil;aises se muaient en une sorte d&rsquo;idiome exotique, du moins pour nos oreilles, ce qui &eacute;tait essentiel &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"360\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/JbPD98wa1yc?rel=0\" width=\"480\"><\/iframe><\/p>\n<p>La proc&eacute;d&eacute; de partition r&eacute;trograde r&eacute;appara&icirc;t dans la s&eacute;quence qui suit le meurtre, lorsque Gr&eacute;millon filme Lise, seule, face &agrave; son d&eacute;sarroi, attabl&eacute;e dans un restaurant. A quelques tables de la sienne, Andr&eacute; vient tout juste de retrouver un camarade d&rsquo;enfance. La clameur de leurs retrouvailles dispara&icirc;t alors peu &agrave; peu au profit de la musique r&eacute;trograd&eacute;e, en m&ecirc;me temps que le cadre se resserre sur le visage de Lise, jusqu&rsquo;&agrave; former un tr&egrave;s gros plan sur ses yeux gonfl&eacute;s de larmes. Le mixage permet ici de mat&eacute;rialiser l&rsquo;&eacute;loignement du monde sonore r&eacute;el, celui du restaurant, pour p&eacute;n&eacute;trer de plain-pied dans un autre univers sonore, immat&eacute;riel celui-ci, afin de repr&eacute;senter et p&eacute;n&eacute;trer le trouble des pens&eacute;es de Lise.<\/p>\n<p>Dans cette s&eacute;quence, la r&eacute;trogradation est appliqu&eacute;e &agrave; la partition musicale toute enti&egrave;re, voix et instruments y compris. Un seul motif se d&eacute;ploie, r&eacute;p&eacute;t&eacute;, comme autant d&rsquo;obsessionnelles boucles sonores. La musique abandonne alors toute fonction di&eacute;g&eacute;tique li&eacute;e &agrave; la situation de l&rsquo;action, pour n&rsquo;&ecirc;tre entendue que par elle seule. Sur ces images, m&ecirc;l&eacute;es &agrave; ce son &agrave; l&rsquo;envers, ouat&eacute;, la m&eacute;moire sonore de l&rsquo;escalier du brocanteur refait surface, tel un sombre murmure, r&eacute;v&eacute;lant de mani&egrave;re souterraine que cette musique lancinante entendue &laquo;&nbsp;&agrave; l&rsquo;envers&nbsp;&raquo; peut &eacute;galement signifier,&nbsp;comme si nous nous trouvions au c&oelig;ur du repentir de Lise&nbsp;: &laquo;&nbsp;si seulement il &eacute;tait possible, tout comme le son, de revenir en arri&egrave;re, s&rsquo;il &eacute;tait seulement possible de ne pas avoir commis ce meurtre &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"360\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/7eERma-cqRI?rel=0\" width=\"480\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>premier film qui exp\u00e9rimente le proc\u00e9d\u00e9 de partition r\u00e9trograde<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[41,3,53,57,7,6],"tags":[15,128,19,136,135],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1094"}],"collection":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1094"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1094\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1718,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1094\/revisions\/1718"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1094"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1094"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1094"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}