{"id":1143,"date":"2012-04-12T17:49:37","date_gmt":"2012-04-12T15:49:37","guid":{"rendered":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1143"},"modified":"2014-09-03T09:14:43","modified_gmt":"2014-09-03T07:14:43","slug":"egypte-o-egypte-de-jacques-brissot-1958","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1143","title":{"rendered":"EGYPTE \u00d4 EGYPTE de Jacques Brissot (1958)"},"content":{"rendered":"<p>Le texte et l&#39;extrait vid&eacute;o ci-apr&egrave;s documentent l&#39;ouvrage de Philippe Langlois, <a href=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1004\"><em>Les cloches d&#39;Atlantis, Musique &eacute;lectroacoustique et cin&eacute;ma, Arch&eacute;ologie et histoire d&#39;un art sonore,<\/em> <\/a>&eacute;ditions mf, Paris, 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" height=\"176\" src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/Egypte o egypte photogramme.png\" width=\"235\" \/><\/p>\n<p>Le troisi&egrave;me et dernier volet de cette trilogie documentaire sur l&#39;Egypte et titre &eacute;ponyme de l&#39;ensemble, <em>Egypte &Ocirc; Egypte&nbsp;<\/em> se pr&eacute;sente comme un essai sur des textes fun&eacute;raires extraits du <em>Livre des morts des anciens Egyptiens <\/em>de Gr&eacute;goire Kolpatchy. Sans faire &oelig;uvre d&rsquo;&eacute;gyptologue, mais attir&eacute; par la cosmogonie &eacute;gyptienne, Jacques Brissot s&rsquo;est efforc&eacute; de donner un &eacute;quivalent cin&eacute;matographique du long voyage de l&rsquo;&acirc;me dans le pays des morts, avec ses portiques qui sont autant d&rsquo;&eacute;tapes initiatiques. La cam&eacute;ra se prom&egrave;ne dans les paysages et les temples de la vall&eacute;e de Th&egrave;bes, au milieu des pyramides, des statues gigantesques, des perspectives de colonnades, des fresques et des hi&eacute;roglyphes. Les prises de vues directes alternent avec les filmages, image par image, qui rendent perceptible en acc&eacute;l&eacute;r&eacute; le cheminement des ombres sur les pierres. Les plans se succ&egrave;dent en fonction des rapports plastiques et g&eacute;om&eacute;triques qui tentent de retrouver le sens profond de la symbolique &eacute;gyptienne.&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp; <br \/>\n\tLa bande-son du troisi&egrave;me film est uniquement constitu&eacute;e du texte dit par Roger Blin et de la musique de Ferrari dans un entrelacs savamment compos&eacute;. Pour la premi&egrave;re fois dans l&rsquo;&oelig;uvre de Luc Ferrari, la musique m&eacute;lange des sons instrumentaux (un petit orchestre de dix-sept musiciens) et des sons concrets, imbriqu&eacute;s dans une structure qui m&ecirc;le &eacute;galement des sons ambigus &agrave; l&rsquo;or&eacute;e des deux univers, fruits des manipulations de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" height=\"178\" src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/Egypte 3.jpg\" width=\"250\" \/><\/p>\n<p>Comme les images de Jacques Brissot, la musique d&#39;<em>Egypte &Ocirc; Egypte<\/em> est contemplative ; elle oriente ainsi l&#39;auditeur vers une &eacute;coute tr&egrave;s m&eacute;ditative et le transporte dans un univers d&#39;une extr&ecirc;me lenteur. Les &eacute;v&eacute;nements sonores y sont en effet tr&egrave;s distants les uns des autres, reli&eacute;s par des r&eacute;sonances &eacute;tir&eacute;es, comme pour rappeler cette &eacute;poque lointaine o&ugrave; les temples furent &eacute;difi&eacute;s et le temps qui les relie &agrave; notre propre contemplation, comme pour &laquo; capter la r&eacute;sonance des temps anciens &raquo;. A la lenteur du son, s&#39;accorde par contraste, la rapidit&eacute; des images illustrant la symbolique du dieu Amon R&acirc; dans l&#39;Egypte antique, r&eacute;alis&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; un proc&eacute;d&eacute; de filmage original. Ainsi, l&#39;image d&#39;un temple film&eacute;e toutes les minutes pendant une journ&eacute;e enti&egrave;re, r&eacute;v&egrave;le &agrave; la projection la course quotidienne du soleil, en acc&eacute;l&eacute;r&eacute;, glissant sur des &eacute;l&eacute;ments d&#39;architecture pharaonique.<\/p>\n<p>Avec un tel proc&eacute;d&eacute;, le rendu visuel permet de voir le ciel, les nuages et les ombres d&eacute;filer et se mettre en mouvement le long des fa&ccedil;ades jusqu&#39;&agrave; donner l&#39;impression de ramper sur la pierre. Pris sous diff&eacute;rents angles, &laquo; la moindre fissure, asp&eacute;rit&eacute;, le moindre petit angle deviennent vivants dans ces &laquo; machins &raquo; rest&eacute;s immobiles pendant quatre mille ans qui s&#39;animent d&#39;un seul coup au son de ces trames &eacute;tir&eacute;es &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" height=\"161\" src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/Egypte 4.jpg\" width=\"250\" \/><\/p>\n<p>Sur le plan sonore, les mouvements de nuances, de diff&eacute;renciation de hauteur, d&#39;allure du son, sont autant de composantes sonores qui se sont impos&eacute;es &agrave; Luc Ferrari par le traitement de l&#39;image. Outre l&#39;aspect purement m&eacute;canique, il r&eacute;sulte de ce croisement des d&eacute;marches techniques, un travail sur la mati&egrave;re visuelle et sonore qui traverse le temps, jusqu&#39;&agrave; en r&eacute;v&eacute;ler l&#39;aspect &laquo; ardent &raquo;. En jouant de la sorte sur la r&eacute;sonance et l&#39;inflexion temporelle, il se cr&eacute;e presque automatiquement un lien avec la mythologie du Livre des morts, faisant de ce film l&#39;une des grandes r&eacute;ussites, encore m&eacute;connues aujourd&#39;hui, qui conduit &agrave; la cr&eacute;ation du Service de la Recherche.<\/p>\n<p>La d&eacute;marche totalement exp&eacute;rimentale et intuitive de Luc Ferrari, li&eacute;e &agrave; l&#39;approche visuelle de Jacques Brissot, a permis de cr&eacute;er un film d&#39;une puissante beaut&eacute; r&eacute;compens&eacute; par le prix de la Biennale de Paris en 1963.<\/p>\n<p>Un extrait.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"360\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/szSCGoxoRb8?rel=0\" width=\"480\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur une musique de Luc Ferrari<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[41,3,53,57,7,6],"tags":[15,115,28,16,24],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1143"}],"collection":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1143"}],"version-history":[{"count":9,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1143\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1705,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1143\/revisions\/1705"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1143"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1143"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1143"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}