{"id":1617,"date":"2014-07-01T13:19:27","date_gmt":"2014-07-01T11:19:27","guid":{"rendered":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1617"},"modified":"2022-11-16T22:30:58","modified_gmt":"2022-11-16T21:30:58","slug":"gunvor-nelson-my-name-is-oona-1969","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=1617","title":{"rendered":"MY NAME IS OONA, Gunvor Nelson (1969)"},"content":{"rendered":"\n<p>Par son intimit\u00e9 avec la nature, Oona \u00e9voque le monde des souvenirs, les r\u00e9miniscences de l&rsquo;enfance insouciante figur\u00e9e par le jeu d&rsquo;une fillette qui prend vie devant la cam\u00e9ra de Gunvor Nelson. Elle fait la rencontre et devient amie avec Steve Reich au <em>San Francisco Mime Troup<\/em> o\u00f9, aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, le cin\u00e9aste Robert Nelson, elle participe aux activit\u00e9s artistiques de cette troupe de th\u00e9\u00e2tre contemporain en recherche de nouvelles formes. Dans ce cadre, d\u00e8s 1964, Steve Reich participe \u00e0 la r\u00e9alisation de deux films de Robert Nelson <i>The Plastic Haircut<\/i> et <a href=\"http:\/\/youtu.be\/FVTmsvTnuIg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i>Oh Dem Watermelons<\/i><\/a>. Dans ce dernier film, il travaille \u00e0 partir d&rsquo;un chant sur le th\u00e8me de la past\u00e8que, un chant populaire qui peu \u00e0 peu, se transforme en une musique r\u00e9p\u00e9titive surprenante pour accompagner les m\u00e9saventures d&rsquo;une past\u00e8que dans ce registre plut\u00f4t \u00ab\u00a0humoristique\u00a0\u00bb tout en augurant des polyphonies rythmiques vocales que Steve Reich d\u00e9veloppera dans les ann\u00e9es 70.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en revenir \u00e0 <em>My Name is Oona,<\/em> Gunvor Nelson demande donc \u00e0 Steve Reich, de composer une musique originale qu&rsquo;il con\u00e7oit uniquement \u00e0 partir d&rsquo;enregistrement r\u00e9els recompos\u00e9s sur bande magn\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/Ge\u0301ne\u0301rique Oona.png\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;embl\u00e9e, le film montre une relation audiovisuelle forte. Apr\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique o\u00f9 l&rsquo;on peut lire le titre, \u00ab\u00a0My Name is Oona\u00a0\u00bb sur un fond noir, le silence se prolonge sur les premi\u00e8res images en gros plan d&rsquo;une fillette blonde qui se dandine. Elle s&rsquo;adresse en silence \u00e0 la cam\u00e9ra, c&rsquo;est \u00e0 ce moment que la bande son surgit, de mani\u00e8re d\u00e9cal\u00e9e, pour donner \u00e0 entendre l&rsquo;enregistrement d&rsquo;une fillette qui d\u00e9clare avec entrain \u00ab\u00a0My Name is Oona\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/GROS PLAN OONA 2(1).png\" alt=\"\" width=\"393\" height=\"308\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la voix soit d\u00e9synchronis\u00e9e, le lien entre le titre, les premi\u00e8res images et la bande son, loin d&rsquo;op\u00e9rer une rupture audiovisuelle, ne fait, au contraire, que la renforcer.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de cet enregistrement \u00e9talon, Steve Reich ne conserve finalement que le fragment \u00ab\u00a0Oona\u00a0\u00bb. Isol\u00e9, mis en boucle, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ensuite de mani\u00e8re lancinante se transformant peu \u00e0 peu du fait du d\u00e9phasage qui se cr\u00e9e entre les deux magn\u00e9tophones sur lesquels sont lus en m\u00eame temps ce m\u00eame fragment. <br>Cette mani\u00e8re de d\u00e9buter sa musique n&rsquo;est pas sans faire directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses exp\u00e9rimentations sonores \u00e0 cette m\u00eame \u00e9poque, notamment en ce qui concerne l&#8217;emploi de la boucle, puis le d\u00e9phasage de ces boucles, \u00e0 l&rsquo;instar des \u0153uvres compos\u00e9es sur le m\u00eame principe : <a rel=\"noopener\" href=\"http:\/\/youtu.be\/vugqRAX7xQE\" target=\"_blank\"><em>It&rsquo; Gonna Rain<\/em><\/a> (1965) et <em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=uGDo1YN_q3c\">Come Out<\/a><\/em> (1966). \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix de ces \u00e9l\u00e9ments sonore fait \u00e9cho avec le th\u00e8me m\u00eame du film, le souvenir. L&rsquo;enregistrement fixe l&rsquo;instant, avant le temps de la r\u00e9\u00e9coute le transforme en souvenir, une r\u00e9miniscence sonore.<br>Pour accompagner ces images de souvenirs resurgis, la voix d&rsquo;une fillette est donc enregistr\u00e9e, avec la patine particuli\u00e8re du son optique. Peut-\u00eatre s&rsquo;agit-il de la voix de l&rsquo;enfant qui appara\u00eet \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran ? peut-\u00eatre est-ce la voix de Oona, probablement. Qui est Oona ? Le film ne le dit pas. \u00ab\u00a0C&rsquo;est un souvenir d&rsquo;un autre temps\u00a0\u00bb dirait Chris Marker&#8230; nous ne saurons pas.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Steve Reich - It&#039;s Gonna Rain\" width=\"1333\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/vugqRAX7xQE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Les images offrent un contraste saisissant avec les boucles de la musique o\u00f9 Nelson travaille davantage au niveau de la superposition plut\u00f4t que de la r\u00e9p\u00e9tition. Au d\u00e9but donc, une fillette en gros plan, puis des branches, des feuilles qui ondoient au soleil dans le vent puis, de nouveau, le visage d&rsquo;une autre jeune fille.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie appara\u00eet avec un nouveau son documentaire, brut, o\u00f9 la voix de la petite fille, encourag\u00e9e par sa famille, on suppose, annone les jours de la semaine en anglais. Suivent d&rsquo;autres enregistrements de cette m\u00eame enfant o\u00f9 elle d\u00e9cline sur tous les tons \u00ab\u00a0My Name is Oona\u00a0\u00bb. Reich proc\u00e8de alors \u00e0 lente accumulation et une superposition de cette nouvelle mani\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 lentement cr\u00e9er une gigantesque polyphonie r\u00e9verb\u00e9rante qui s&rsquo;intensifie avant de dispara\u00eetre pour c\u00e9der d\u00e9licatement la place au chant d&rsquo;une berceuse chant\u00e9e par la voix aimante d&rsquo;une maman qui fredonne pour son enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Un film fascinant !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/242768525?h=1e65d082e6&amp;dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"1600\" height=\"900\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>My Name is Oona<\/em> n&rsquo;est pas une \u0153uvre isol\u00e9e sur le plan esth\u00e9tique, on retrouve des principes de composition audiovisuels similaires pour d&rsquo;autres films exp\u00e9rimentaux de la m\u00eame p\u00e9riode :&nbsp; <em>Berlin Horse<\/em> (1970) de Malcom LeGrice sur une musique de Brian Eno ou <em>T O U C H I N G<\/em> de Paul Sharits o\u00f9 se r\u00e9p\u00e8te inlassablement le mot \u00ab\u00a0destroy\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur une musique de Steve Reich<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[41,3,53,57,7,6,56],"tags":[157,15,119,18,156,152,16,49,109],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1617"}],"collection":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1617"}],"version-history":[{"count":24,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1617\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2598,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1617\/revisions\/2598"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1617"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1617"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1617"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}