{"id":2288,"date":"2019-01-18T17:39:00","date_gmt":"2019-01-18T16:39:00","guid":{"rendered":"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=2288"},"modified":"2022-09-01T08:55:28","modified_gmt":"2022-09-01T06:55:28","slug":"musique-et-poesie-aujourdhui-entretien-avec-laure-gauthier-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/?p=2288","title":{"rendered":"MUSIQUE ET POESIE AUJOURD&rsquo;HUI, Entretien avec Laure Gauthier (2019)"},"content":{"rendered":"<p><strong>ENTRETIEN<\/strong><\/p>\n<p>1. <strong>Laure Gauthier : Quel est votre rapport \u00e0 la po\u00e9sie et plus particuli\u00e8rement \u00e0 la po\u00e9sie contemporaine ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PL<\/strong>&nbsp;: Je porte en moi depuis l\u2019adolescence l\u2019empreinte de la po\u00e9sie symboliste, un lien que j\u2019ai ensuite entretenu et d\u00e9velopp\u00e9, en tant que lecteur, de mani\u00e8re diffuse, naviguant des avant-gardes des ann\u00e9es 1910-20 jusque dans les ann\u00e9es 60.<br>Ce lien s\u2019est ensuite enrichi en tant que chercheur sur le versant de la po\u00e9sie sonore. Pour autant je ne poss\u00e8de pas de regard homog\u00e8ne sur l\u2019\u00e9volution de la po\u00e9sie \u00e9crite ou sonore et leurs multiples ramifications esth\u00e9tiques.<br>Si la po\u00e9sie m\u2019a toujours fascin\u00e9 par sa capacit\u00e9 \u00e0 formuler en mots ce que la conscience o\u00f9 le sentiment peut avoir de plus complexe \u00e0 exprimer, mon rapport \u00e0 la musique y est plus organique, plus charnel, plus sensuel.<\/p>\n<p>2. <strong>LG : En quoi les 10 ans de cr\u00e9ation radiophonique \u00e0 France Culture, o\u00f9 vous avez coordonn\u00e9 avec Frank Smith l\u2019Atelier de cr\u00e9ation radiophonique (ACR) entre 2002 et 2011, ont-ils marqu\u00e9 votre perception et votre conception de la po\u00e9sie contemporaine ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PL<\/strong> : Cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s riche et m\u2019a permis de d\u00e9couvrir tout un pan de la po\u00e9sie sonore dont j\u2019ignorais la grande diversit\u00e9 des formes contemporaines. Rappelons que po\u00e9sie sonore et le m\u00e9dium radiophonique sont n\u00e9s quasi simultan\u00e9ment, il y a \u00e0 un si\u00e8cle, dans les ann\u00e9es 1910-20. Ces deux modes d\u2019expression et de communication sont donc indissociables. A la t\u00eate de l\u2019ACR, nous \u00e9tions dans la position naturelle de poursuivre cette tradition radiophonique et d\u2019encourager la production de nouvelles \u0153uvres. Nous avons donc logiquement propos\u00e9 \u00e0 de nombreux po\u00e8tes sonores de venir confronter leur expression \u00e0 l\u2019\u00e9criture du m\u00e9dia radiophonique.<\/p>\n<p>3.&nbsp;<strong>LG : Comment concevez-vous votre collaboration avec Frank Smith pour lequel vous avez r\u00e9alis\u00e9 plusieurs musiques de film ? Le po\u00e8te-r\u00e9alisateur vous laisse t\u2019il intervenir dans la conception de l\u2019\u0153uvre ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PL<\/strong>&nbsp;: Bien que je connaisse Frank Smith depuis 2001, je n\u2019ai compos\u00e9 la musique pour l\u2019un de ses films qu\u2019en 2015. <br>Nous avons donc commenc\u00e9 \u00e0 travailler ensemble apr\u00e8s avoir partag\u00e9 la direction artistique de l\u2019Atelier de cr\u00e9ation radiophonique o\u00f9 nous avons aussi mont\u00e9, mix\u00e9 et produit d\u2019innombrables \u00e9missions. Au fil du temps, s\u2019est forg\u00e9e entre nous une compr\u00e9hension mutuelle peu ordinaire. <br>Le point commun \u00e0 ces partitions cin\u00e9matographiques est d\u2019avoir pens\u00e9 la bande son en amont du tournage, d\u00e8s l\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario, ce qui signifie que la musique a \u00e9volu\u00e9 ensuite au gr\u00e9 de l\u2019\u00e9volution et de l\u2019\u00e9laboration du film ainsi qu\u2019avec leurs contraintes.<\/p>\n<p>4. <strong>LG : Vous avez travaill\u00e9 avec plusieurs cin\u00e9astes, mais Frank Smith est le seul \u00e0 \u00eatre \u00e9crivain, un po\u00e8te qui r\u00e9alise des films. Cela a-t-il chang\u00e9 votre approche du film, et initi\u00e9 une autre fa\u00e7on d\u2019aller \u00e0 la musique et au rapport musique-image ? Le travail sur l\u2019image sonore s\u2019est-il trouv\u00e9 renouvel\u00e9 ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PL<\/strong>&nbsp;: Cette collaboration avec un po\u00e8te n\u2019a pas fondamentalement chang\u00e9 ma mani\u00e8re de travailler, que ce soit dans le rapport entre musique et image ou bien dans la mani\u00e8re d\u2019aborder le sujet d\u2019un film. Frank m\u2019a laiss\u00e9 carte blanche&nbsp;! Je faisais ce que je voulais&nbsp;! <br>Ce qui a chang\u00e9 a \u00e9t\u00e9 de prendre en consid\u00e9ration comme un postulat de d\u00e9part le fait que la musique ne devait absolument pas g\u00eaner ni \u00eatre un obstacle \u00e0 la compr\u00e9hension du texte qui occupe presque l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du film. Cela dit, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 la m\u00eame probl\u00e9matique dans <i>Foudre<\/i> la t\u00e9tralogie de Manuela Morgaine o\u00f9 le texte occupe \u00e9galement une grande place.<\/p>\n<p>5.&nbsp;<strong>LG : En quoi consistait votre travail de compositeur dans le Film des questions &nbsp;? Frank Smith a publi\u00e9 un livre, paru aux \u00e9ditions Plaine Page en 2014 et un film (commande du Festival Hors-Pistes, 2015, Centre Pompidou) qui montre un paysage en Alabama o\u00f9 un jeune tueur en masse assassine le 10 mars 2009 dix personnes au hasard avant de mettre fin \u00e0 ses jours. Frank Smith dit que son film pose des questions et \u00ab que chaque question pos\u00e9e est une bifurcation, une d\u00e9viation, une prolif\u00e9ration devant la route qui se jette droite devant nous \u00bb. Quel a \u00e9t\u00e9 votre travail dans ce film ? Le statut po\u00e9tique du texte modifie-t-il la conception de la musique ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PL<\/strong> : Il faudrait rappeler que le travail de Frank Smith s\u2019inscrit dans le sillage de la po\u00e9sie objectiviste de Charles Reznikoff, et qu\u2019en observateur-\u00e9crivain il travaille \u00e0 partir de t\u00e9moignages, de textes existants et de documents officiels qu\u2019il recompose, avec lesquels il tente une forme de neutralisation, une mise \u00e0 distance \u00e9motionnelle, proposant un autre regard, d\u00e9saffect\u00e9, exempt de l\u2019\u00e9moi propre aux faits qui rythment l\u2019actualit\u00e9 proche ou plus lointaine. <br>C\u2019est ce pas de c\u00f4t\u00e9, cette distanciation que j\u2019aime accentuer et cr\u00e9er avec la musique.<br>Le th\u00e8me du film reprend un fait divers survenu en Alabama, aux Etats-Unis en 2009 o\u00f9 un homme assassine dix personnes avant de mettre fin \u00e0 ses jours \u00e0 l\u2019issue d\u2019une course poursuite avec la police. Le dispositif visuel reconstitue en temps r\u00e9el et gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019animation d\u2019images pr\u00e9lev\u00e9es sur <i>Street View<\/i>, l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019ultime parcours du tueur de son domicile jusqu\u2019au lieu o\u00f9 il met fin \u00e0 ses jours.<br>La mati\u00e8re musicale est simple et se r\u00e9duit \u00e0 deux \u00e9l\u00e9ments. Un th\u00e8me en partie inspir\u00e9 du standard <i>Alabama<\/i> de John Coltrane transpos\u00e9 dans nouvelle temporalit\u00e9 et une nouvelle harmonisation, interpr\u00e9t\u00e9e tr\u00e8s lentement au piano, accompagn\u00e9 d\u2019un drone dont il sera question plus tard. Ce th\u00e8me qui se r\u00e9p\u00e8te, se d\u00e9ploie et se replie sur toute la dur\u00e9e du film sur un mode obstin\u00e9 de la transpos\u00e9 sur do. Il est lui-m\u00eame constitu\u00e9 de motifs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et augment\u00e9s, de ritournelles, de circonvolutions, d\u2019aller et retours comme pour figurer l\u2019\u00e9tat de ressassement obsessionnel dans lequel le tueur se trouve probablement plong\u00e9 au moment des faits. La p\u00e9dale de sustain est en permanence activ\u00e9e, prolongeant longuement l\u2019extinction de chaque note.<br>La contrainte pour la musique est que le film est con\u00e7u avec une dimension performative o\u00f9 la bande son du film &#8211; voix des com\u00e9diens et musique &#8211; doivent pouvoir \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es en direct comme lors de la premi\u00e8re projection dans le cadre du festival \u00ab&nbsp;Hors Pistes&nbsp;\u00bb au Centre Georges Pompidou en janvier 2015. <br>Lors des r\u00e9p\u00e9titions, nous nous sommes tout de suite aper\u00e7us qu\u2019il ne fallait surtout pas chercher \u00e0 harmoniser le texte des com\u00e9diens dit par Garance Clavel et Adrien Michaux avec les phrases jou\u00e9es au piano, mais bien au contraire, d\u2019accentuer le fait que chaque entit\u00e9 &#8211; image, texte et musique &#8211; poursuit sa route sans se pr\u00e9occuper de l\u2019autre. <br>Le film a pris sa forme finale en prenant en compte ce t\u00e9lescopage des diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le m\u00e9canisme du film&nbsp;; le temps diff\u00e9r\u00e9 du dernier d\u00e9placement du tueur reconstitu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran, le temps r\u00e9el o\u00f9 le spectateur assiste \u00e0 ce dernier trajet, la distorsion du temps qui s\u00e9pare ces deux instants. <br>Pour ce qui est du lien plus direct entre musique et po\u00e9sie, on le retrouve de mani\u00e8re consciente et illustrative en s\u2019inspirant de la prosodie d\u2019une phrase interrogative qui se retrouve dans la plupart des motifs qui s\u2019ach\u00e8vent pour la plupart sur des intervalles ascendants. <br>C\u2019est <i>La musique des questions<\/i>. <br>Le deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment qui joue \u00e9galement avec le temps est le drone grave de nature synth\u00e9tique qui se d\u00e9ploie sur toute la longueur du film. Cette basse continue soutient l\u2019harmonie du th\u00e8me proche d\u2019un mode de la et rev\u00eat plusieurs fonctions. En premier lieu, sa persistance se retrouve dans l\u2019image et repr\u00e9sente les lignes de pr\u00e9visualisation du parcours qui se superposent en permanence \u00e0 la route sur les images de <i>Street View<\/i>. De mani\u00e8re plus symbolique, le drone permet \u00e9galement de repr\u00e9senter inexorablement l\u2019id\u00e9e fixe et l\u2019obsession morbide de ce tueur dans sa macabre entreprise.<\/p>\n<p>6.&nbsp;<strong>LG : Vous avez \u00e9galement travaill\u00e9 au Film des visages . L\u00e0 encore, en 2016, Frank Smith a publi\u00e9 un livre aux \u00e9ditions Plaine Page et r\u00e9alis\u00e9 un moyen-m\u00e9trage (Commande du Centre G. Pompidou, Festival Hors-Piste) dans lequel il m\u00e8ne une r\u00e9flexion po\u00e9tique et visuelle sur les visages de la r\u00e9volte des Printemps Arabes en Egypte. Il d\u00e9finit ce film comme un film po\u00e9tique. Quel a \u00e9t\u00e9 votre r\u00f4le dans ce film ? En quoi la musique pourrait-elle \u00eatre qualifi\u00e9e de po\u00e9tique ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>PL<\/strong> : Il n\u2019y a pas de volont\u00e9 sp\u00e9cifique ni de ma part, ni de Frank de faire en sorte que la musique puisse \u00eatre qualifi\u00e9e de po\u00e9tique. La musique op\u00e8re \u00e0 diff\u00e9rents niveaux et cherche \u00e0 mat\u00e9rialiser diff\u00e9rentes id\u00e9es qui traversent le film. Il s\u2019est agi de partir de la mati\u00e8re texte d\u2019en d\u00e9duire une architecture musicale pour la supporter. A l\u2019instar du <i>film des questions<\/i>, c\u2019est l\u2019ensemble de la production cin\u00e9matographique de Frank Smith<i> <\/i>qui est construit autour d\u2019un document, en l\u2019occurrence pour <i>Le film des visages<\/i> un reportage de trois minutes d\u2019une manifestation qui s\u2019est tenue \u00e0 Alexandrie en 2010 pour protester contre le r\u00e9gime du pr\u00e9sident Hosni Moubarak et l\u2019assassinat du jeune militant Khaled Saeed par la police, \u00e9v\u00e9nement qui sera d\u00e9clencheur du printemps \u00e9gyptien. <br>L\u2019id\u00e9e principale du film repose sur la volont\u00e9 d\u2019aller vers l\u2019image, au devant de l\u2019image, de toujours s\u2019en rapprocher jusqu\u2019\u00e0 pouvoir saisir les visages de cette insurrection. Pour ce faire, de m\u00eame que film de Michael Snow, <i>Wavelenght <\/i>(1970), le film repose sur un long travelling avant de 45 minutes qui lentement se rapproche d\u2019un \u00e9cran o\u00f9 est projet\u00e9 en boucle ce reportage. Au cours du cheminement de la cam\u00e9ra vers le mur, l\u2019espace se resserre progressivement et est r\u00e9guli\u00e8rement interrompu par l\u2019intrusion d\u2019images fixes de visages de manifestants, d\u2019intertitres de slogans scand\u00e9s, de visages de militaires en gros plan jusqu\u2019\u00e0 devenir un \u00ab&nbsp;face \u00e0 face&nbsp;\u00bb entre les visages des manifestants et celui des spectateurs. <br>Pour accompagner cet effet de zoom d\u2019une image dans une autre image, d\u2019un \u00e9cran dans un autre, pour chercher \u00e0 inscrire le son de ce reportage dans la bande son du film, je suis parti des trois minutes de la bande son de ce reportage \u00e9tir\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la technique du <i>Timestretching <\/i>sur toute la dur\u00e9e du film. Il en r\u00e9sulte un ralenti sonore saisissant o\u00f9 la clameur des manifestants se mue en vagues successives de cris m\u00e9connaissables, apparaissant et disparaissant au gr\u00e9 du mixage suivant les inflexions de la musique et du montage image. <br>Je me suis \u00e9galement appuy\u00e9 sur la tradition musicale s\u00e9culaire de la po\u00e9sie chant\u00e9e \u00e9gyptienne, le melhoun et le cha\u00e2bi, par essence libre, traditionnellement accompagn\u00e9e d\u2019un oud en m\u2019inspirant des grands musiciens porteurs de cette tradition notamment Yusuf Al-Manyalawi, Ali Abd al-Bari, Salama Higazi et bien s\u00fbr chez la grande pr\u00eatresse Oum Kalthoum, dans son immortalisation du c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me <i>El Atlal <\/i>(Ruines). Des motifs d\u2019accompagnement au oud ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s, retranscrits puis transpos\u00e9s au piano dans un maq\u00e2m (mode) de si. Pour jouer ces motifs, le mode de jeu du piano est hautement \u00e9vocateur. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait de cr\u00e9er un instrument hybride, ni piano, ni oud, un \u00ab&nbsp;pianoud&nbsp;\u00bb obtenu en \u00e9touffant les r\u00e9sonnances naturelles du piano avec des feutres puis en amplifiant la r\u00e9sonnance gr\u00e2ce \u00e0 la p\u00e9dale de <i>sustain. <\/i>Il en r\u00e9sulte<i> <\/i>une sonorit\u00e9 singuli\u00e8re, se rapprochant du oud sans pouvoir vraiment l\u2019atteindre du fait des quarts de tons impossible \u00e0 r\u00e9aliser sur cet instrument. De mani\u00e8re symbolique, ce mode de jeu est aussi en lien avec l\u2019insurrection \u00e9gyptienne \u00e0 la fois \u00e9touff\u00e9e et amplifi\u00e9e par la r\u00e9sonnance infinie qui se r\u00e9percute sur son peuple aujourd\u2019hui. <br>Sur ce <i>pianoud, <\/i>la chanteuse Sapho a accept\u00e9 d\u2019improviser. Les textes qu\u2019elle chuchote et chante en arabe proviennent de textes personnels, d\u2019extraits tir\u00e9s de <i>L\u2019art d\u2019aimer <\/i>de Mahmoud Darwich, ainsi qu\u2019une libre interpr\u00e9tation de <i>El Atlal<\/i> d\u2019apr\u00e8s le po\u00e8me de Ibrahim Nagi. <br>Autour de ces motifs tr\u00e8s identifiables, toute une palette de sons de synth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 mod\u00e9lis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 cr\u00e9er une sorte de <i>no mans land <\/i>musical, d\u00e9clinant toutes les notes du maqu\u00e2m de si, jusqu\u2019\u00e0 la note dite \u00ab&nbsp;sensible&nbsp;\u00bb, alt\u00e9r\u00e9e d\u2019un b\u00e9mol sur la note \u00ab&nbsp;la&nbsp;\u00bb. Ces sonorit\u00e9s immat\u00e9rielles cr\u00e9ent alors un interstice, un trou b\u00e9ant, dans lequel il serait possible de glisser un \u0153il o\u00f9 une oreille, t\u00e9moins ext\u00e9rieurs du drame qui s\u2019est jou\u00e9 lors de ce printemps \u00e9gyptien.<\/p>\n<p>18 janvier 2019<\/p>\n<p><strong>DOCUMENTS<\/strong><\/p>\n<p><strong>Document 1<\/strong><\/p>\n<p><i>Le film des questions<\/i>&nbsp;:<\/p>\n<div class=\"spip_document_15077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/remue.net\/IMG\/png\/le_film_des_questions_-_copie.png\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"315\"><\/figure>\n<\/div>\n<p>\u00a9 Le film des questions, Frank Smith (2015)<\/p>\n<p><strong>Document 2<\/strong><\/p>\n<p>Le film des visages&nbsp;:<\/p>\n<div class=\"justifie\">\n<div class=\"spip_document_15078 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center\">\n<figure class=\"spip_doc_inner\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/remue.net\/IMG\/jpg\/le_film_des_visages_-_copie.jpg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"480\"><\/figure>\n<\/div>\n<p>\u00a9 Le film des visages, Frank Smith (2016)<\/p>\n<\/div>\n\n\n<p>Entretien originalement publi\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/remue.net\/Musique-et-poesie-aujourd-hui-entretien-avec-Philippe-Langlois-et-documents\">https:\/\/remue.net\/Musique-et-poesie-aujourd-hui-entretien-avec-Philippe-Langlois-et-documents<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Voir l&rsquo;ouvrage de Laure Gauthier, <em>D&rsquo;un lyrisme l&rsquo;autre, La cr\u00e9ation entre po\u00e9sie et musique au XXIe si\u00e8cle <\/em>paru aux \u00e9ditions mf, en mai 2022, collection r\u00e9percussions.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220323-Lyrisme-cover_Page_1.jpg\"><img loading=\"lazy\" width=\"640\" height=\"873\" src=\"http:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220323-Lyrisme-cover_Page_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2291\" srcset=\"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220323-Lyrisme-cover_Page_1.jpg 640w, https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/220323-Lyrisme-cover_Page_1-220x300.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><figcaption><a href=\"https:\/\/www.editions-mf.com\/produit\/115\/9782378040475\/d-un-lyrisme-l-autre\">https:\/\/www.editions-mf.com\/produit\/115\/9782378040475\/d-un-lyrisme-l-autre<\/a><\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ENTRETIEN 1. Laure Gauthier : Quel est votre rapport \u00e0 la po\u00e9sie et plus particuli\u00e8rement \u00e0 la po\u00e9sie contemporaine ? PL&nbsp;: Je porte en moi depuis l\u2019adolescence l\u2019empreinte de la po\u00e9sie symboliste, un lien que j\u2019ai ensuite entretenu et d\u00e9velopp\u00e9, en tant que lecteur, de mani\u00e8re diffuse, naviguant des avant-gardes des ann\u00e9es 1910-20 jusque dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[177,62,176],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2288"}],"collection":[{"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2288"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2331,"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2288\/revisions\/2331"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/philippelanglois.net\/lcd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}