(2013) f, de Natacha Nisic

Vidéo, couleur, sonore, 18 min.

f, comme Fukushima (2013). Deux ans après la catastrophe, Natacha Nisic se rend à Fukushima et observe les paysages, les villages et les habitants qui ont subi les ravages du tsunami et des radiations de la centrale. Grâce à un dispositif composé d’un travellig de 25 mètres et de miroirs verticaux de 30 centimètres de large disposés à différents intervalles, l’artiste permet au spectateur de voir en même temps le champ et le contre-champ, l’avant et l’après. Lorsque la caméra passe devant un miroir, une image mobile du contre-champ se déplace en travelling horizontal dans la direction opposée sur la largeur du miroir. Cela constitue, sans trucage, le jeu d’une image dans une autre, d’un mouvement dans un autre, d’un paysage et de son contraire. Le dispositif permet de conjuguer le temps des déplacements et des espaces en un seul regard.

(2013) LOUPS SOLITAIRES EN MODE PASSIF de Johanna Grudzinska

Ce film a remporté le prix de la meilleure musique de film au Festival International du Moyen Métrage de Valence (La Cabina)

À seize ans, Élisa s’ennuie dans une banlieue pavillonnaire.Un soir, elle découvre un livre dans la bibliothèque de son beau-père. Les mots crus et tendres d’une écrivaine prostituée vont donner une couleur inattendue à son désir.

Musique originale et claviers : Philippe Langlois

Chant : Gérald Kurdian

Basse : Floy Krouchi

Guitare : Benoist Bouvot

Batterie : Marc-Aurèle Ngo Xuan

Enregistrement par Dounia Trabelsi à Main d’oeuvre, Saint Ouen

Mixage : Jean-Charles Versari à Commune Image

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Musique additionnelle : « This is the hello monster », Arms, Gomette Production

(1996) ENUMA ELISH de David Duponchel

Enuma Elish est à double titre un film fondateur pour lequel j’ai composé la musique après plusieurs autres courts-métrages de David Duponchel depuis le début des années 90, c’est le premier film qui a bénéficié d’une véritable production. La musique électroacoustique et plus largement toute la bande sonore ont été composé au studio de Francis Faber, La Grande Fabrique à Dieppe. Ce film est également fondateur puisqu’il est à l’origine de mes travaux de recherche sur la musique électroacoustique au cinéma donnant lieu à un DEA puis une thèse en musicologie à Paris IV soutenue en 2004, sous la direction de Jean-Yves Bosseur et Marc Battier qui fut ensuite publié aux éditions mf en 2012 sous le titre Les cloches d’Atlantis, musique électroacoustique et cinéma archéologie et histoire d’une art sonore.

Tourné en noir et blanc et couleur, en 16mm scope grâce au procédé Tronchet, il a ensuite été gonflé en 35mm ce qui lui confère le grain si particulier d’image. Aucune équipe de prise de son n’étant présente sur le tournage d’Enuma Elish, c’est l’intégralité des sons du film, des dialogues et des bruitages qui a dû être refait en post production.

Extrait des trois premières minutes en version basse définition et compressée.

(2008-12) FOUDRE de Manuela Morgaine

Un film en quatre saisons de Manuela Morgaine

Musique et design sonore  : Philippe Langlois

Ce film puise sa source dans l’intensité du réel. Il est le fruit d’une enquête de deux ans sur les terrains de la foudre. Pour cela son scénario inclut des images, des lieux, des visages et des paroles de gens dont la réalité est devenue matière à
cinéma. Seuls deux acteurs, un homme et une femme, traversent le film.
FOUDRE est une légende.*
Sous la foudre, on ne sait pas si les images et les sons qui nous frappent appartiennent à la réalité ou à la fiction. Je cherche à rendre cette impression phénoménale, au moment où ce qu’on a pour de vrai sous les yeux semble surréel.
FOUDRE s’ouvre par un prologue, se ferme par un épilogue, se déroule en quatre histoires sur quatre saisons à l’intérieur de plusieurs siècles, entre aujourd’hui et le dix-huitième. Il ne faut donc pas s’inquiéter de ce qui n’est pas « raccord », ni dans le temps qu’il fait, ni dans le temps qui se déroule et qui est sujet à des sautes, ni dans les supports filmiques qui changent, ni dans les costumes qui dérangent la chronologie des époques, ni dans les façons de parler, ni dans les espaces que la foudre traverse à la vitesse de l ‘éclair, elle qui a ce don d’ubiquité dont nous rêvons tous, qui se ramifie parfois sur plusieurs continents en même temps. D’un ciel à un autre ciel, capable d’être tous les espaces, de la France, à la Syrie à la Guinée Bissau, le ciel est toujours là, tel qu’en lui-même de toutes ses variations de rites, de saisons et d’humeurs. La foudre est imprévisible, frappe en tous sens. Ce film est un zig zag continu. Le mot zig zag vient du terme allemand qui dit le va et vient amoureux. C’est le mouvement choisi. Chaque impact du ciel charrie avec lui un bout d’histoire. Mais à force de les suivre par bribes, on arriverait à imaginer le tout et à voir le lien, pour finir, entre chaque espace, chaque temps, chaque langue, chaque rite, chaque atmosphère, chaque chose et chacun. Le modèle c’est la forme de l ‘éclair. C’est le contraire d’une ligne droite avec un début et une fin, et tout qui évolue lentement de l’un à l’autre. La fin est déjà là dès le début, qui gronde. Et d’ailleurs on pourrait monter le film à l’envers. Si on se dit que tout a explosé avant même que cela commence, cela peut aider à comprendre tous les morceaux depuis le tout début.