SUR LES TRACES DU BRONTEION de Tanguy Clerc (2016)

Sur les traces du Bronteion est une installation audiovisuelle de Tanguy Clerc, imaginée et réalisée dans le cadre du projet de diplôme de l’ESBA TALM/ DNSEP/ Master design sonore en juin 2016.

Lorsque le spectateur pénètre dans l’espace d’exposition que Tanguy Clerc a conçu, il pense assister tout d’abord à une projection vidéo dans le plus pur style futuriste des années 20-30.  En effet, sur l’écran des images de machines en plus ou moins gros plans qui nous plonge dans un monde entièrement mécanisé, dénué de présence humaine. Les images ont été filmées dans les imprimeries Firmin Didot et Soregraph à dimension industrielle.

Le Brontéion plus connu sous le nom de « machine à tonnerre » désigne dans le théâtre antique grec, l’un des premiers dispositifs sonores utilisé à des fins dramaturgiques permettant d’imiter le bruit de la foudre.

Des images de machines réalisées en plan plus ou moins serré dans les imprimeries industrielles Firmin Didot et Soregraph sans aucune présence humaine. Un monde entièrement automatisé qui rappelle le film de Jean Mitry Symphonie mécanique en (1955). Un dispositif de sonorisation entièrement mécanique à partir

L’installation consiste à rendre sonore une vidéo muette via des objets acoustiques disposés directement dans l’espace de projection. Ces machines sonores constituent, comme un orchestre, la bande son du film.
Chacun des plans vidéo est ainsi sonorisé à la manière des bruiteurs, mais le bruitage est ici automatisé : une fois activée, l’installation ne nécessite plus d’intervention humaine, elle se trouve ainsi au croisement des mondes cinématographique, sonore et sculptural.
Les images projetées sont des plans plus ou moins figuratifs filmés dans des lieux de productions industrielles : Les plans vidéos sont bouclés et générés par l’ordinateur de manière aléatoire : les boucles se succèdent ainsi toujours dans un ordre différent. L’ enchaînement aléatoire est accompagné d’une durée variable de chacune des boucles, aléatoire elle aussi (entre 7 et 30 secondes). Chaque vidéo est analysée en temps réel pour contrôler par voie électronique le comportement des moteurs à l’origine des sons émanants des machines acoustiques.

voir le site de Tanguy Clerc : http://www.tanguyclerc.com/

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Sur les traces du Bronteion, ESBAM 02/06/2016 from tanguy clerc on Vimeo.

SINGING CLOUD, Shilpa Gupta (2008-2009)

A l'heure de la dématérialisation des supports, du virtuel, et de l'immatérialité des données, l'artiste indienne Shilpa Gupta qui a suivi une formation en sculpure à l’école d’art Sir J. J. School (Mumbai, Inde) entre 1992 et 1997 réaffirme, non sans humour et une certaine forme d'ironie, la valeur la nécessité de l'objet concret dans son œuvre monumentale Singing Cloud (2009) présentée en 2009 au Laboratoire à Paris.

La « peau » de ce nuage (Cloud) suspendu est constituée d’un assemblage de 4000 microphones d'où émerge des éléments sonores. Réagissant à l’environnement, alternant sommeil et sursauts, cet essaim se transforme en une créature polyphonique, une forme de gigantesque œil de mouche d’où émanent à certains moments, une multitude de voix, de souvenirs et de langues. Nous sommes donc loin de la froideur technologique mais au plus près de l’irrationnel. La technologie est un médium, un matériau à manipuler, à agencer entre le son, l’image et la perception.

180 x 24 x 60 inches, 4000 microphones noirs, système de diffusion sonore, bande sonore multipiste (9')